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Fantasy d'ici et d'ailleurs

Deux ex machina

29 Octobre 2013 , Rédigé par Contes de la terre de la mer et d'ailleurs Publié dans #Publications

Deux ex machina

Bon, je suis nulle en pub, mais une fois n'est pas coutume, puis je suis trop contente de moi:j'ai le plaisir de vous annoncer la sortie de ma nouvelle "Deux ex machina", chez Booxmaker!


Pitch: Le Professeur Vadim peut être fier de lui: il vient de concevoir la machine ultime, capable de fabriquer aussi bien un sous-marin qu'une glace à la fraise, en quantité infinie et sans la moindre pollution. Cette invention devrait assurer un nouvel âge d'or pour l'humanité, la disparition des maladies et, accessoirement, la suprématie de son pays sur ses rivaux. Flanqué de deux assistants hauts en couleurs, il s'attèle à la mise au point du prototype...


J'oserai dire que c'est du steampunk, de l'humour noir et des personnages pas très conventionnels...


Disponible en téléchargement à partir du le 31 Octobre ici: http://www.booxmaker.fr/nos-ebooks/les-romans/deus-ex-machina/, ainsi que sur Amazon et IBookstore.

Petit extrait:

J-120

— Une machine à magie… C’est fascinant.

Le Ministre des Sciences et du Progrès se resservit un verre de cognac, les yeux rêveurs. Dehors, la lumière commençait à baisser, la pendule zaltrépoïde indiquait six heures. Comme il se devait pour un homme de sa fonction, son bureau était encombré des dernières merveilles de la technologie. Un anticythère rutilant trônait sur un coin de la table et une libellule mécanique gardait le coffre à cigares.

— Et… que pourrait-elle réaliser au juste ?

— Tout ou presque. Je n’ai pas envisagé les diverses possibilités, mais elles sont énormes : de l’acier, du charbon, des navires, des briques, du coton…

— Et des produits finis ?

— Bien sûr. Vous pouvez lui demander des montres, des tapis ou des pommes, comme dans les contes de fées.

— Tout ? En quantité illimitée ?

— Je n’ai pas étudié les limites non plus, mais au vu des équations énergétiques, elles dépassent de beaucoup nos besoins pour les prochains siècles.

— N’y comptez pas, mon cher, l’offre crée la demande…

Le Ministre s’interrompit pour griffonner au stylographe quelques notes dans son carnet.

— Professeur, vous m’avez convaincu. Vous êtes sans doute le génie le plus brillant de ce siècle ! Si vous réussissez, on se souviendra de vous pendant des millénaires.

Malgré lui, Vadim rougit de plaisir en rajustant ses lunettes. La magie était une discipline bien plus obscure que la physique ou la chimie et recevait beaucoup moins de crédits de recherche. Mais le nouveau Ministre des Sciences avait de grandes ambitions. Il avait promis d’encourager l’innovation et sortir des sentiers battus.

— Croyez-vous… je pense à un rêve d’enfant totalement fou… qu’elle puisse déplacer un continent ?

— Cela demanderait une part considérable de son énergie, mais oui, ce devrait être possible.

— Voyez-vous, si notre pays se trouvait à flotter dans les airs, il serait à jamais à l’abri des guerres et des dangers.

— C’est une idée remarquable ! Je n’y aurais jamais songé. Vous êtes un visionnaire, Monsieur le Ministre ! Je vais étudier la question.

— Et bien, l’affaire est entendue. Vous aurez vos crédits. Combien de temps vous faudra-t-il pour construire votre machine ?

— Quelques mois. Comme je vous l’ai dit, il faut que tout soit prêt avant la Transition. Mon principal problème est de trouver des assistants. Certains réglages ne peuvent se faire que de façon artisanale. Il me faut au moins deux individus qui s’y connaissent en magie aussi bien qu’en mécanique.

— J’ai l’un de vos hommes. Mon cousin, Victor, un ingénieur de Première Classe. Il a passé des années dans les services secrets à concevoir des mécanismes un peu inhabituels. Il a même participé à la mise au point du canon fragmenteur ! Vous verrez, un homme un peu excentrique, mais très compétent. Quant au deuxième, je vais mettre un de mes assistants sur la piste. Ne vous occupez de rien à part votre machine. Vous aurez également besoin de composants en orichalque je suppose ?

— Bien sûr…

— Je connais une petite firme d’excellente réputation. De bons amis à moi. Voici leur adresse.

Le Ministre écrivit quelques mots sur un billet et le tendit à Vadim.

— Je dois vous informer, Professeur, que votre découverte se trouve avoir une importance stratégique capitale pour notre pays. À partir de maintenant, tout ce qui y touche relève du Secret Défense. Vous ne parlerez à personne de vos activités sans mon autorisation directe. Je vais en référer au Grand Conseil ce soir. Si tout va bien, vous serez bientôt convoqué devant une commission pour étudier votre projet.

— Mmm… Moi ?

C’en était bien plus qu’il en demandait.

— Ne vous inquiétez pas. Je vous aiderais, vous n’aurez à vous occuper de rien, ce ne sera qu’une formalité. Je connais tout des rouages de l’administration. Je vous obtiendrai aussi un brevet pour votre invention.

Vadim se retrouva dans la rue et prit le chemin de son glisseur, un modèle expérimental qu’il avait garé un peu plus loin. Des passants étaient attroupés autour, examinant l’étrange véhicule sans cheminée ni engrenages. En effet, il n’utilisait ni pétrole, ni charbon, mais une quantité infime de magie. Il s’installa dans le vaste habitacle de bois et de métal, prit le levier de direction et négocia prudemment son chemin entre les autotracteuses ronflantes. Le cliquetis de leurs pistons, une douzaine pour les plus puissantes, était assourdissant. Il détestait se rendre au centre-ville. De plus, le smog avait envahi les rues. D’habitude, cette brume poisseuse restait confinée dans la cuvette industrielle face à la mer, mais ce soir, le vent l’avait chassée vers les hauteurs. Vadim n’y voyait plus grand-chose et dut se concentrer sur sa conduite jusqu’à ce qu’il se retrouve dans les faubourgs.

Il n’en revenait toujours pas. Toute sa vie, il n’avait été qu’un obscur chercheur à l’Institut de

Magie. On allait parler de lui et de sa machine dans les plus hautes sphères du gouvernement et il venait de se voir débloquer des crédits faramineux… c’était trop beau. Il se demanda brièvement s’il ne venait pas de mettre le doigt dans un engrenage qui le dépassait. Mais cette pensée s’envola très vite : il allait recevoir la reconnaissance, la gloire… Lui, Vadim, allait réaliser le vieux rêve de l’humanité : mêler la mécanique et la magie, le matériel et l’immatériel, la matière et l’esprit. Il avait conçu une machine capable de capturer toute la magie brute de l’univers dans son réservoir avant d’en produire tout et n’importe quoi : de la glace à la fraise au cuirassé insubmersible ! À quoi servirait un cuirassé d’ailleurs, dans ces conditions ?

...

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