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Fantasy d'ici et d'ailleurs

Construire un héros en 3D

9 Novembre 2013 , Rédigé par Contes de la terre de la mer et d'ailleurs Publié dans #Trucs et astuces

Construire un héros en 3D

Attention, le blog déménage! à partir du 15 Octobre 2016, rendez-vous sur :

www.romansdefantasy.com

On écrit souvent « construire un héros attachant » . Conan le Barbare ou Paul Atréides sont-ils attachants? Avez-vous besoin d’un héros attachant ? D’ailleurs, si vous vous focalisez dessus, vous allez attirer seulement un certain type de public, voire tomber dans le stéréotype. Si c’est votre objectif OK. Sinon, essayez plutôt de faire un personnage crédible et intéressant.

Motivation

Pourquoi un individu lambda irait-il risquer sa vie dans une quête difficile, dangereuse etc… ? Vous le feriez, vous ? Il vous faudrait une bonne raison ! Sinon, il vous faut un profil psychologique particulier. C’est là que beaucoup d’histoires coincent. Nombre d’auteurs règlent le problème en inventant :

- Un héros inconscient du danger,voire qui ne se sent vivre que lorsqu’il y a du danger genre James Bond

- Un héros vivant dans un monde déjà tellement dangereux que un risque de plus, un de moins…

- Un héros avec de fortes convictions, limite fanatisme

- Un héros qui a été élevé depuis son plus jeune âge pour cette quête. Il ne sait rien faire d’autre.

- Un héros qui a commis une énorme faute et veut la racheter

- Un héros suicidaire pour lequel la vie n’a plus d’intérêt

Sinon, il va falloir trouver une explication. Il y en a plein : sauver sa peau, sa famille, sa copine, il est le seul en position de sauver son monde grâce à un don spécial…

Personnalité

Le gros problème de beaucoup de héros est qu’ils n’ont pas de défauts. Tout au moins, pas de défauts volontairement choisis par l’auteur. Les lecteurs leur en trouvent, mais c’est souvent lié au changement d’époque et de perspective, d’où le développement de l’idée de la Mary-Sue, par exemple. Très souvent, il s’agit des défauts des qualités du personnage (exemple : fortes convictions morales et fanatisme).

Problème : dans la vie réelle et nombre d’autres genres littéraires, ce qui fait fonctionner les gens, c’est justement leurs contradictions, acceptées ou rejetées (exemple : l’individu en apparence ultra-conservateur qui fait campagne contre le liberté sexuelle mais en cachette, fréquente assiduement les prostituées voire commet des viols etc…). Cela donne des histoires beaucoup plus complexes et beaucoup plus de développements potentiels. Face à une situation donnée, le lecteur ne peut deviner comment le héros va réagir.

Bref, mettez des défauts et des qualités à vos héros et surtout développez-lès jusqu’au bout de leur logique : ce n’est pas assez de dire, par exemple que votre héros est trouillard. Il faut le montrer. Il faut montrer comment cela a influé sur son existence. Pourquoi il a acquis ce défaut. Et au fond, est-ce toujours un défaut ? Peut-être son coté trouillard le rend-il aussi prudent et capable d’élaborer des stratagèmes minimisant les risques, au lieu de foncer tête baissée ? Bref, vous ne jonglez pas avec des qualités ou des défauts, vous jonglez avec des traits de caractère qui peuvent être des avantages ou des handicaps, suivant la situation.

Ensuite, votre héros a des émotions. Arrive-t-il à toujours les contrôler ou lui arrive-t-il de se laisser dépasser ? Cela arrive-t-il souvent ? Attention, être dépassé par certaines émotions peut être perçu comme « socialement valorisant » suivant la culture et le point de vue. Exemple, la colère ou la trouille : le héros tue un voleur qu’il a surpris dans son poulailler. Suivant votre style d’histoire, ce sera une noble action, une victoire sur un méchant ou alors un geste totalement disproportionné qui mettra un aspect sombre sur le caractère du protagoniste.

Si vous poussez votre héros dans un comportement en conformité avec son caractère, vous verrez peut-être votre histoire se développer de manière inattendue et originale, très différente de la quête classique, voire de votre projet initial. Ce sera d'autant plus intéressant que le lecteur ne risque pas de deviner ce que votre personnage va faire à la page suivante!

De même, vous rendrez votre méchant beaucoup plus intéressant si vous lui donnez quelques qualités. Si, si, on peut. Par exemple, il peut être honnête. OK, il est méchant, mais au moins, il n’est pas hypocrite. Il assume sa méchanceté. De même, il peut être méchant pour le héros, mais très loyal vis-à-vis de ses propres alliés. Il paie ses troupes rubis sur l’ongle, il peut écouter d’une oreille attentive les malheurs d’un simple soldat et il est prêt à risquer sa vie et son empire pour libérer sa belle-mère, prisonnière du gentil. Ça le rend presque sympathique et très humain. Même les méchants ont une famille.

Physique

Désolé, il va au moins un petit peu influer sur sa personnalité, ne serait-ce que pour des raisons pratiques. Si vous êtes un grand costaud, vous risquez de résoudre physiquement les problèmes des travaux de force (quitte à attraper un mal de dos, à la longue) et ce, dès l’enfance. Alors que si vous êtes un petit gracile, vous allez vous dépêcher de découvrir l’effet de levier et la brouette. Idem pour les techniques de combat. En plus, si vous avez un univers moyenâgeux, il risque d'être socialement mieux vu d'être un grand costaud, capable d'abattre beaucoup de boulot/ennemis.

Je ne suis pas en train de dire que le grand costaud est un imbécile, je suis en train de dire qu’il risque d’avoir une approche différente de toute une série de problèmes jusqu’à ce qu’il ait atteint une certaine maturité. De même, un grand gars style Fafrd passe beaucoup plus difficilement inaperçu dans une foule (ou par une petite fenêtre) que le Souricier Gris.

De même, si vous avez un physique agréable, vous trouverez normal que les gens vous aident et les trouvez plus souvent gentils que si vous avez un physique passe-partout et avez à apprendre très vite les bases de la psychologie, voire de la manipulation.

Notez que je ne mentionne pas d’autres caractéristiques comme le sexe ou la couleur de peau, car cela dépend entièrement de l’univers que vous avez construit autour.

Enfin, si vous choisissez de faire un héros handicapé, alors là, vous avez la possibilité de faire un développement vraiment très intéressant.

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Escrocgriffe 15/11/2013 10:33

Bel article, au niveau des motivations j’ajouterais la vengeance, un puissant moteur qui permet au héros d’aller bien souvent au-delà de ses limites, qu’elles soient morales ou physiques...