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Fantasy d'ici et d'ailleurs

Les clichés cachés, le mage/sorcier, troisième partie

25 Janvier 2014 , Rédigé par Contes de la terre de la mer et d'ailleurs Publié dans #Les thèmes de la fantasy, #Les clichés cachés

Les clichés cachés, le mage/sorcier, troisième partie

Attention, le blog déménage! à partir du 15 Octobre 2016, rendez-vous sur :

www.romansdefantasy.com

Marché aux fétiches, Lomé 1989.

Les deux spécialités qui suivent sont, comme les sages-femmes dans le monde réel, très fortement féminisées. Leur potentiel est aussi, àmha sous-utilisé pour développer des intrigues.

E- Les devins

C’est une spécialité à manier avec précaution, ce qu’ils annoncent va avoir beaucoup d’implications pour la cohérence de votre monde. Dans la vie réelle, les devins n'étaient considérés que comme des interprètes de la parole de divers dieux ou esprits. Dans la fantasy, où on a souvent oublié le mode de fonctionnement des religions, les devins se contentent de "voir", ce qui pose régulièrement des problèmes de cohérence

- S’ils voient strictement le futur, cela implique-t-il un destin immuable ? Et surtout, les visions n’ont-elles pas tendance à tomber juste à point, façon deux ex machina de l’information ? Votre devin voit-il n’importe quoi, y compris des événements qui se passeront dans mille ans ou qui concernent des gens inconnus de lui et qui habitent a des kilomètres de distance ? Ou alors, spécifiquement des événements qui concernent des gens qu’il connait ? Dans quelle mesure peut-il prévoir le futur d’un étranger qui vient le consulter ? Peut-il voir son propre futur ? Celui de ses proches ? Peut-il voir des choses qu’il aurait du mal à concevoir intellectuellement, du genre sa femme le tromper avec son copain ou un vaisseau alien arriver dans son village moyenâgeux ?

- S’ils voient « un des futurs possibles », êtes-vous sûr, pour paraphraser Shakespeare, qu’il y ait besoin d’un devin pour ça ? Un minimum de raisonnement ne suffirait-il pas ?

- S’ils voient le présent, ou le passé, même chose : s’agit-il événements qui leur sont géographiquement ou affectivement proches ?

Enfin, la plupart des devins qu’on voit en fantasy ne sont pas particulièrement futés. Ils sont là pour donner une info. Point. On ne s’attend pas à ce qu’ils prennent des mesures vis-à vis des événements qu’ils décrivent. Au contraire, chez nombre de vrais devins des sociétés traditionnelles il y a une certaine part d'"interprétation" dans ce qu'ils prédisent, quelle que soit la méthode de divination utilisée. En plus, on attend d'eux non seulement qu'ils vous livrent l'info brute, mais aussi qu'ils donnent des conseils, non mais!

F- Les guérisseurs

Il y a deux types de guérisseurs :

1- Ceux qui guérissent par un don spécial, psychique, religieux, l’imposition des mains etc… Il s’agit souvent d’une jeune fille un peu simplette qui devient la copine du héros et/ou trouve tragiquement la mort. Son don est souvent héréditaire (voir ici les problèmes des dons héréditaires ou autres). Si vous choisissez cette voie, faites en sorte qu’elle soit cohérente avec le reste. Je me rappelle avoir lu un ou deux pulps des années 50-70 où il y avait une lignée de vierges héréditaires dans un univers moyenâgeux (en plus elles perdaient leur don avec leur virginité). L'auteur n'avait pas jugé utile de fournir une explication sur leur mode de reproduction.

Il faut sérieusement réfléchir à l’étendue de ses pouvoirs : peut-elle faire repousser des membres façon Cian dans Lanfeust ? Ressusciter les morts ? A quoi peut ressembler le village où elle vit, alors ? Y a-t-il une longue queue de gens à sa porte ? A-t-elle encore le temps de conter fleurette à son héros ? Le général d’une armée ne l’a pas encore kidnappée pour réparer ses soldats blessés après chaque bataille ?

2- Ceux qui guérissent par les plantes. Il s’agit typiquement d’une matrone respectable, voire une vieille femme.

Il y a aussi le modèle mixte : la jeune fille un peu simplette qui guérit par les plantes, pour faire écolo, féministe et « réaliste », mais elle pose, justement, un gros problème de vraisemblance.

Dans la vie réelle, être un guérisseur traditionnel, prenait facilement 5 à 10 ans. Bref, une fois votre diplôme en poche, vous n’étiez déjà plus si jeune, donc effectivement, le modèle matrone est plus vraisemblable. Vous deviez typiquement apprendre par cœur des centaines de recettes, sans compter les symptômes des maladies, la description des plantes etc… au risque d’empoisonner vos patients. Attention, je ne parle pas de l’Europe du Moyen-Age, où le job était presque clandestin, voire passible du bûcher. Dans ces conditions, il n’y avait pas vraiment de formation reconnue, au fond, n’importe quel charlatan pouvait se prétendre guérisseur.

D’autre part, si la fonction de guérisseur a une forte connotation religieuse dans votre monde, il risque, comme le prêtre, d’être astreint à tellement de tabous et rituels que le job ne sera plus drôle du tout. Entre parenthèses, si vous collez des tabous à vos sorciers, il faut qu’ils soient en cohérence avec le système de pensée que vous avez instauré et pas complètement idiot aux yeux du lecteur moyen (cf. l’exemple des vierges héréditaires plus haut).

Si votre métier est de soigner les gens, vous vous retrouvez confronté non seulement à des aspects peu ragoutants du corps humain, mais aussi à la souffrance, la mort, les tensions familiales, les conflits… Bref, un job qui demande un minimum de maturité.

Et n’oubliez pas le plus intéressant : un guérisseur par les plantes en sait forcément un rayon sur les poisons. C’est le coté obscur…

Que ce soient les devins ou les guérisseurs, ils risquent d'avoir dans leur société, une énorme influence, surtout s'ils sont reconnus compétents dans leur job. De nombreux chefs de guerre ne partaient pas en expédition sans s'être assuré de l'"aval" du devin, sinon leurs hommes risquaient de s'enfuir à la première difficulté! Cet ascendant se voit rarement en fantasy, sauf pour les grads vieillards à barbe blanche façon Merlin.

Enfin, ces deux catégories de sorciers ne semblent aider, la plupart du temps, que les gentils. Les méchants, malgré leur fortune, leur pouvoir et leur charisme, soit n'en ont pas besoin, soit n'y pensent pas. Grossière erreur!

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