Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Fantasy d'ici et d'ailleurs

Les murailles de Gandarès, suite!

31 Janvier 2014 , Rédigé par Alex Evans Publié dans #Publications

Les murailles de Gandarès, suite!

Bon, mon roman commence à se préciser. J'ai déjà la couverture et comme je suis nulle en mise en forme et que je m'y connaissais encore moins quand je l'ai écrit, il y avait vraiment du boulot pour la correction! Un grand merci à Anita Berchenko.

Un autre petit extrait: après moult aventures, Tivar et Yalani arrivent enfin à Gandarès. Toutes sortes de rumeurs circulent sur une grande armée Dagheri menaçant la cité. En attendant, Tivar décide d'aller au Temple de Tous les Dieux, déposer une offrande à la déesse Oray, en souvenir de sa soeur, morte tragiquement alors qu'elle était sa prêtresse:

Le Temple sentait l’humidité, l’encens, l’huile, le brûlé et d’autres odeurs indéfinissables. Les murs étaient couverts de bas-reliefs, de mosaïques et de fresques. Les bas reliefs étaient ébréchés, les mosaïques s’écaillaient et les fresques s’effaçaient, mais Tivar était quand même impressionné. Toutes les grandes scènes y étaient. Il y avait la création du Monde : Nor, La Terre, enfantait une foule de créatures. Skeldémir, le Ciel, ordonnait le soleil, la lune et les constellations. On aurait presque cru les voir bouger. Le jeune homme se promit de revenir les regarder plus tard. Ils passèrent le sanctuaire de Yallach avec son croissant, puis celui de Tvir la déesse-cheval et Sélizer, le dieu-serpent et bien d’autres qu’ils ne connaissaient pas.

Un homme rondelet, aux cheveux longs et pauvres, les interpella :

— Ah, vous admirez les fresques, jeunes gens ? Elles sont superbes n’est-ce pas ? Je viens les contempler tous les jours avant de lire les oracles.

— Et étaient-ils bon ? s’enquit poliment Tivar. C’était la pleine lune cette nuit, juste le moment de faire des interprétations.

— Je vois que vous êtes pieux et instruits. Alors, vous avez mérité de savoir.

Il roula des yeux et écarta les bras :

— Oui, les hordes de barbares arriveront à la Cité, mais les Dieux les rendront fous et ils s’entretueront jusqu’au dernier !

Yalani ouvrit de grands yeux. Tivar dut faire appel à son récent statut d’homme pour garder le visage impassible.

— Euh, voilà de bonnes nouvelles. Dites-moi Très Sage, nous cherchions le sanctuaire d’Oray. Sauriez-vous par hasard où il est ?

— Oh non, mes enfants, je ne m’éloigne jamais de mon Dieu et je ne connais guère le reste du Temple.

Ils prirent congé, puis continuèrent jusqu’à être franchement perdus. L’éclairage de lampes et de bougies devenait pauvre et les sanctuaires difficiles à reconnaître. Cette partie du Temple semblait peu fréquentée. À un moment, ils virent une petite lumière qui s’échappait d’une entrée. Tivar passa la tête par la porte pour voir si quelqu’un pouvait lui indiquer son chemin. Un homme élancé au visage austère lui retourna son regard. Il semblait sortir d’une transe.

— Pardon de vous avoir importuné, Vénérable, se hasarda Tivar

— Ce n’est rien, mes enfants... J’ai interrogé les Dieux sur le destin de la Cité…

— Et quel est-il ? ne put s’empêcher de demander Yalani

Le prêtre fronça les sourcils et leva une main menaçante vers le plafond :

— Les Dagheri entreront dans la Cité comme un flot déchaîné ! Pareils à des molosses, ils mettront en pièces ses habitants qui se vautrent dans la dépravation sous le regard des Dieux ! Ainsi le Temple sera purifié dans le sang !

Tivar soupira discrètement.

— Sauriez-vous par hasard, Très Sage, où se trouve le sanctuaire de la Déesse Oray ?

L’homme hocha la tête :

— Il n’y a pas de sanctuaire de ce nom !

— Je croyais que tous les Dieux en avaient un ici ?

— Personne ne prie Oray depuis des siècles ! Son sanctuaire est sans doute en ruines et le chemin oublié. Seuls quelques barbares lointains la vénèrent encore comme la déesse de la fécondité. Pourquoi le cherchez-vous ?

— Oh, pour voir...

Peu soucieux d’une discussion théologique, Tivar s’inclina poliment et s’en fut, entraînant Yalani par le bras.

Ils croisèrent une entrée d’où s’échappait une longue mélopée, mais elle était si étrange qu’ils ne se hasardèrent pas à aller voir. Le jeune homme réalisa que tous les couloirs qu’ils avaient suivis étaient légèrement en pente et qu’ils s’étaient sans doute enfoncés profondément sous terre. Il se demandait s’il ne ferait pas mieux de retourner sur leur pas, lorsqu’ils débouchèrent dans une immense salle. Elle était très différente de ce qu’ils avaient vu jusqu’ici. Sur le plafond, qui avait dû être jadis d’un bleu profond se détachaient en relief des étoiles à quatre branches. Le long des murs s’alignaient des colonnes hautes comme trois hommes, en forme d’arbres stylisés. Le mur de droite était recouvert de fleurs, alors que sur celui de gauche, des motifs curvilignes tressaient un filigrane de pierre.

— C’est en bien meilleur état que ce qu’on a vu jusqu’ici, murmura le jeune homme. Je me demande ce que représentent tous ces dessins…

— On dirait des lettres…

— Oui, ce sont des lettres d’Atlis, répondit une voix grave avec un curieux accent.

Deux hommes étaient assis au pied d’une colonne. Ils avaient la peau noire, le crâne rasé et les yeux clairs. Même assis, ils semblaient immenses. L’un semblait assez jeune alors que l’autre était voûté et aussi ridé qu’un vieux parchemin.

Tivar chercha fiévreusement dans sa mémoire s’il avait déjà entendu parler de créatures semblables. Peut-être étaient-ce des Dieux qui se reposaient après avoir reçu toutes ces offrandes ?

Le plus âgé reprit la parole.

— Bonjour jeunes gens. Vous êtes-vous perdus ?

— Bon… jour. Êtes-vous des Dieux ? Des Génies ?

La bouche édentée du vieillard se fendit d’un large sourire :

— Non, nous sommes de simples mortels ! Nous venons d’un pays lointain, au-delà des mers, qui s’appelle Yartège. Je me nomme Sonolas et mon compagnon, qui ne parle pas beaucoup votre langue, est Aoubal.

— De Yartège ? Mais… alors… C’est vos ancêtres qui ont construit ce Temple… et vous en avez un autre bien plus magnifique !

— C’est vrai que le nôtre est en bien meilleur état, mais il ne possède pas un talisman aussi fabuleux que la Pierre Sacrée. Nous en avons quelques-uns, mais aucun n’égale une fraction de son Pouvoir. C’est bien dans la sagesse des Dieux d’avoir mis cette Pierre sous la protection d’hommes qui ne savent pas l’utiliser.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article