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Fantasy d'ici et d'ailleurs

Le bal du solstice d'hiver

16 Février 2014 , Rédigé par Alex Evans Publié dans #Humeur

Le bal du solstice d'hiver

Une idée de novella steampunk de saison m'est venue à l'esprit (oui, je sais, il ne neige pas!). Mais, bref, c'est plus romantique de la pluie. Alors quelques images de châteaux enneigés, le concerto N°1 pour piano et orchestre deTchaïkovsky

( http://www.youtube.com/watch?v=BWerj8FcprM) et c'est parti pour un début:

Reinhardt s’accouda au parapet de marbre et embrassa le paysage gelé d’un regard circulaire. À l’horizon, s’amoncelaient des nuages bas. La première tempête de neige serait sur eux dans la soirée. Le froid était arrivé tard cette année, mais depuis, le Père Gel avait pris sa revanche. L’hiver s’annonçait particulièrement rude. Le soleil était encore assez haut dans le ciel pour illuminer les tours blanches du palais, faire scintiller la neige et souligner les dentelles de glace sur les arbres et les corniches. Au pied de l’enceinte de la cité, les congères partaient déjà à l’assaut des remparts. Les derniers traineaux amenant le charbon et le bois pour la chaudière de la capitale s’approchaient dans le tintement de leurs clochettes.

Un souffle glacial lui caressa la joue. Habitué, il n’y prêta pas attention. Au-delà des murs, s’étendait un grand espace blanc, au milieu duquel on pouvait deviner le trajet de la rivière, sous la glace et la neige, puis des collines basses et enfin le contour sombre des forêts.

Le cliquetis caractéristique de l’horloge sur le vieux donjon, se fit entendre et le carillon de bronze sonna cinq heures. Les soldats s’animèrent pour activer le mécanisme qui fermait les portes. Elles pivotèrent sur leurs gonds dans un gémissement de métal, puis se refermèrent en un claquement sonore. Reinhardt reprit sa tournée d’inspection sur le chemin de ronde. Encore un mois, et tous les habitants, du grand seigneur au plus humble paysan, auraient quitté leurs manoirs, leurs fermes et leurs hameaux pour se réfugier derrière les hauts murs des cités, assiégées par l’hiver. Dans un mois le jour ne serait plus qu’un long crépuscule, vouant le pays aux tempêtes, aux loups et, disait-on, des créatures plus terribles encore.

Le général descendit l’escalier et secoua la neige de ses bottes avant d’entrer dans l’Antichambre des Communs. Confinés derrière les hautes murailles des cités, livrés à la nuit et à l’inaction, les hommes pouvaient révéler ce qu’ils avaient de pire. Etre en charge de la sécurité à cette époque de l’année n’était pas une sinécure. Chaque ville se retrouvait isolée derrière ses murailles, personne, ni messager, ni armée, ne pouvait circuler avant la fonte des neiges. C’était alors le moment idéal pour des rebelles ou des espions ennemis de mener un coup d’état, une révolution de palais, ou un assassinat. Entre les Avellans mécontents de la renégociation des tarifs douaniers, le duc Alphonse qui lorgnait le trône de plus en plus près et la Confrérie des Chapeaux Noirs, les candidats à un coup de force se bousculaient cette année.

Quittant l’Antichambre, Reinhard se retrouva dans les salles d’apparat. D’un mouvement habituel, il fendit la foule vérifiant que les hommes étaient à leurs postes. Au passage, il intercepta quelques œillades appuyées. L’activité favorite des gens de toute classe sociale durant la Longue Nuit, était la bagatelle, de préférence avec un autre partenaire que le sien. La nuit, les couloirs du château résonnaient de pas furtifs et les gardes rapportaient au matin avoir vu bien des ombres se glisser dans telle ou telle chambre. Des scandales croustillants survenaient tous les mois. Nombre de jeunes officiers et de demoiselles effrontées tenaient des comptes et les paris, un autre loisir en ces temps d’oisiveté allaient bon train. Les gardes et les domestiques étaient sensés fermer les yeux sur ces jeux, quand ils n’y prenaient activement pas part. Cependant, s’occuper de la sécurité dans ces conditions n’était pas une mince affaire. Les nobles n’aimaient pas être arrêtés et questionnés en tenue légère au milieu de la nuit et se plaignaient directement à l’Empereur.

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