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Fantasy d'ici et d'ailleurs

Des prototypes anglophones peu connus

2 Juin 2015 , Rédigé par Alex Evans Publié dans #Histoire de la fantasy, #Les thèmes de la fantasy

Des prototypes anglophones peu connus

Attention, le blog déménage! à partir du 15 Octobre 2016, rendez-vous sur :

www.romansdefantasy.com

La série américaine Star Trek, sortie aux US en 1966, n'arriva en France qu'au début des années 80. À la place, dans les années 70, on eut droit à un clone: Cosmos 1999.

Doctor Who, sorti de l'autre coté de la Manche en 1963, arrivera, lui, à la fin des années 80. Il en est de même pour Rawhide, la série TV américaine qui fit connaître Clint Eastwood. D'autres ne sont jamais sorties chez nous, comme le cultissime, Wagon Train qui inspira... Star Trek.

Il en est de même pour les romans de SFF. La première aventure d'Anita Blake, publiée aux US en 1993, n'arrivera en France qu'en 2002. Bien sur, de nos jours avec Internet, c'est dur à concevoir. Mais tout de même, on a zappé nombre de romans-prototypes des 30 dernières années, parfois maladroits, au vu des goûts actuels, mais novateurs en leur temps. À la place, on a eu droit aux "me too" (moi aussi), oeuvres fortement inspirées de l'original, sans doute moins chères à traduire, mais parfois meilleures! Et même parfois, lorsque l'original finit par sortir en traduction française, des années plus tard, il passe totalement inaperçu, éclipsé par la publicité faite à ses clones, voire massacré par une traduction atroce! Aussi, faut-il faire attention quand on crie à l'originalité à la lecture d'une traduction de roman anglophone. Ce n'est peut-être qu'un "me too".

Alors quelques exemples:

Des prototypes anglophones peu connus

The Dresden Files, Jim Butcher (publié aux US en 2000, en France en 2007)

Harry Dresden est le seul sorcier exerçant ouvertement cette profession. Il vit à Chicago et assiste occasionnellement la Police. Comme ses services ne sont pas très demandés, il est toujours fauché et pas rasé. En plus, il a régulièrement des embrouilles avec les femmes. Contrairement à nombre de héros de SFFF modernes sombres, cyniques et qui ne se posent jamais de questions, il est gentil, serviable et a un certain sens du bien et du mal. Un caractère pareil lui vaut bien sûr des ennuis supplémentaires. Heureusement, il a pas mal d'humour pour l'aider à les supporter.

La série fait irrésistiblement penser aux romans noirs et aux pulps de la grande époque. Le héros se retrouve régulièrement dans des situations dont on se demande comment il va sortir, du genre coincé dans un ascenseur entre deux étages, menotté à une jolie fille évanouie, tandis qu'un scorpion géant essaye de pénétrer dans la cabine par le toît!

La particularité de cette série est de s'appuyer sur un système de magie très cohérent qui marche à peu près quelle que soit la culture. Du coup, il a été maintes fois copié, en totalité ou en partie et avec plus ou moins de bonheur.

Des prototypes anglophones peu connus

Shield's Lady, Amanda Glass, pseudonyme de Jayne Ann Krentz (publié aux US en 1989, jamais publié en France)

Grace à un mystérieux "passage" apparu à travers l'espace, les hommes ont pu coloniser des planètes lointaines. Un jour, ce "passage" a disparu, laissant les colons isolés sur leurs planètes respectives. Au fil des siècles, chacune a développée sa propre culture. Sur Windarra, Sarianna, jeune businesswoman aux dents longues, quitte sa société pour tenter sa chance à l'Ouest du Continent...

Ce roman, est, avec "Sweet Starfire" et "Crystal Flame" (beaucoup plus conventionnels), de la même auteure et également inédits en France, le premier à méler SFFF et romance. Il a également la particularité d'avoir un perso principal beaucoup moins cruche que la moyenne, une prince charmant un peu dépassé par sa copine et de l'humour, avec beaucoup de références satiriques à la société américaine. L'auteure récidiva encore plus loin dans l'originalité avec la trilogie de St Helen, mais ensuite, retomba dans la romance la plus désespérante qui fut.

Bref, un prototype typique!

Des prototypes anglophones peu connus

The Death of the Necromancer, Martha Wells (publié aux US en 1998, en France en 2001)

Dans les bas-fonds de la cité de Vienne, Nicolas Valiarde ourdit une terrible vengeance contre le Comte Montesq, responsable de la mort de son mentor. Au cours de ses manigances, il va tomber sur un sinistre complot...

Ce roman, fortement inspiré du Comte de Monte-Christo, fut parmi les premiers à quitter résolument l'univers moyenâgeux/tolkienien de la fantasy traditionnelle, à mêler steampunk et magie et à présenter cette dernière comme une science qu'on étudie à la faculté. Il fait partie d'un cycle, le Monde d'Ile-Rien, l'un des tout premiers également à présenter un univers de fantasy non pas statique, mais qui évolue à travers les siècles avec des changements technologiques, politiques et sociaux.

Des prototypes anglophones peu connus

Changer, Jane Lindskold, ( publié en 1998 aux US, inédit en France)

Des créatures immortelles vivent cachées parmi les hommes depuis la nuit des temps. On les voit parfois sur le devant de la scène pour de courtes périodes. Suivant le lieu ou l'époque, on leur a donné différents noms: le roi Arthur, le dieu Thot... Mais la plus ancienne parmi ces créatures ne vit pas sous forme humaine, mais sous celle d'un coyote...

Trois ans avant Loki dans American Gods et huit ans avant Anansi dans Anansi Boys de Neil Gaiman, cette auteure au style très particulier, mettait en scène un autre grand "trickster" du folklore: le coyote. Elle plante aussi des thèmes et un monde similaires: des dieux vivant parmi le quotidien ordinaire et se livrant à des luttes internes, un univers onirique où le rêve de la réalité se chevauchent.

Des prototypes anglophones peu connus

Sword and Sorceress, originalement sous la direction de MZ Bradley (publié aux US de 1984 à 2014, jamais publié en France)

Ces recueils de nouvelles de fantasy avaient pour but de promouvoir les auteurs féminin du genre à une époque où elles avaient du mal à percer et de promouvoir une différente image de la femme en fantasy: héroïne plutôt que faire-valoir du héros. Ils ont révélés des auteurs comme Mercedes Lackey, Glenn Cook, Charles de Lint ou Laurell Hamilton. Si nombre de nouvelles son naives ou relevent de la romance pure et simple, certaines sont brillantes. On peut aussi suivre l'evolution du genre sur 30 ans quand on lit la collection complete.

Des prototypes anglophones peu connus

Dragon Prince, Mélanie Rawn (publié aux US en 1988, en 2000 en France)

Le Prince Rohan doit succéder brutalement à son père, tué par un dragon lors d'une chasse. Son entourage le considère comme un faible, sa famille complote contre lui, son royaume est au bord de l'implosion. Quant aux dragons, sont-ils seulement des prédateurs féroces, menacés d'extinction par la chasse impitoyable que leur mènent les hommes?

Sorti en pleine vague tolkienesque, cette trilogie tranchait sérieusement sur les autres romans de l'époque. Si un lecteur de 1988 aurait vu dans cette série des traces de "Dune" (intrigues politiques, un ordre religieux féminin, des créatures extraordinaires vivant dans le désert) un lecteur de 2015, lui, verrait de nombreuses similitudes avec "Le Trône de fer": points de vues multiples, royaume truffé de rivalités et de complots, de sexe et de violence, des personnages en proie à leurs faiblesses et des dragons qui ne sont pas ce qu'ils ont l'air d'être... Un vrai roman charniere entre deux tendances!

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